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2004 | 2007
Évaluation des commerçants de véhicules d’occasion
28 avril 2007 - L’Association pour la protection des automobilistes a fait paraître les résultats de sa dernière enquête anonyme sur les commerçants de voitures d’occasion. Se faisant passer pour des consommateurs ordinaires, les clients anonymes de l’APA ont visité 57 commerçants à Montréal, Toronto et Vancouver, à la recherche d’un véhicule d’occasion. Le financement pour ce projet de recherche de grande envergure a été fourni par le Bureau de la consommation, à Industrie Canada. Les visites furent enregistrées par les caméras cachées de W-FIVE, et un reportage vidéo sur l’enquête est disponible sur le site Internet du réseau de télévision CTV.
Au total, 32 (58%) des 55 commerces de vente de véhicules d’occasion visités ont échoué le test. Les deux «faux particuliers», qui prétendaient vendre des voitures de membres de leurs familles, ont aussi échoué. Les commerçants étaient évalués en fonction de l’exactitude de leur publicité et de leurs représentations verbales, ainsi que selon l’état des véhicules offerts en vente.
Ce que vous pouvez faire pour vous protéger :
FAITES INSPECTER LE VÉHICULE avant d’en faire l’achat. Certains commerçants à Toronto, et surtout des commerçants de Vancouver qui vendent des véhicules accidentés et reconstruits, ont rendu l’inspection du véhicule avant l’achat très difficile pour les clients anonymes de l’APA. Dites clairement au vendeur que sans inspection préalable, il n’y aura pas de vente.
En 2005, six commerçants dans la région de Vancouver ont recommandé le même inspecteur mobile. Lorsque les clients anonymes de l’APA ont pris rendez-vous pour une inspection, il a été incapable de les informer qu’une Toyota Camry gris argenté annoncée comme ayant parcouru 125 000 km était en fait un ancien taxi maquillé, ayant appartenu à la flotte du « Vancouver Yellow Cab Company », avec plus de 500 000 km au compteur. Il n’a même pas remarqué les trous laissés par le taximètre dans le tableau de bord et des traces de peinture jaune de couleur «taxi» dans les recoins du véhicule!
L’APA a localisé et testé les services d’inspection FIABLES suivants dans les villes que nous avons visitées dans le cadre de cette enquête.
Vancouver
C. Martino Auto Center
2055 Clarke Drive
Vancouver, B.C.
Tél: (604) 255-3558
Le mécanicien Carmen Martino et son équipe ont travaillé avec l’APA dans le cadre de plusieurs enquêtes.
Toronto
Priority Plus Inspection Centres
120 Carlauren Road Unit #4
Woodbridge, Ontario, L4L 8E5
Tél: (905) 264-1142
Le mécanicien Vince Carnovale a travaillé avec l’APA dans le cadre de plusieurs enquêtes. Il peut aussi vous aider à commander l’historique approprié pour le véhicule que vous envisagez d’acheter.
Montréal
Andrew Bleakley
Tél: (514) 890-5000
Ce service d’inspection mobile propose une inspection complète de la carrosserie, une vérification mécanique et un essai routier pour 90$. Appelez et laissez un message sur la pagette pour prendre rendez-vous pour une inspection.
Résultats pour les villes visitées par l’APA
Montréal
À Montréal, 9 commerçants ont réussi le test, pour 17 visités. Les véhicules étaient en meilleur état, et les prix demandés plus bas qu’à Toronto ou Vancouver. Bien que le défaut de mentionner des collisions antérieures était courant, aucun commerçant n’a tenté de vendre un véhicule ayant été déclaré perte totale sans le mentionner. Seulement un commerçant proposait des véhicules à vendre «tel quel», ce qui est interdit au Québec, sauf dans le cas où le véhicule serait vendu pour les pièces seulement.
Plusieurs des échecs au Québec sont dus aux pratiques reliées à la publicité – des frais supplémentaires qui ne sont pas mentionnés dans les annonces, des annonces de paiements mensuels sans mention du taux d’intérêt, ou de paiements mensuels sans indiquer le prix du véhicule. En janvier 2007, l’Office de la Protection du Consommateur du Québec a introduit des réformes relatives à la vente de voitures d’occasion, qui ont été endossées par les deux associations québécoises de commerçants de véhicules (neufs et d’occasion). Selon le décret adopté en vertu de la Loi sur la protection du consommateur, le prix d’une automobile d’occasion doit inclure tous les frais, sans facturer de suppléments pour l’administration, l’inspection ou les réparations. Le commerçant doit permettre au consommateur de faire l’essai routier de l’automobile, ainsi que de procéder à une inspection par un technicien de son choix. Pour réduire les risques de publicité trompeuse, le nombre de véhicules disponibles au prix annoncé, ainsi que le plus haut kilométrage et le prix le plus élevé pour un groupe de véhicules similaires doivent être mentionnés dans les publicités.
En avril 2007, trois mois après l’entrée en vigueur de ces dispositions, l’APA a procédé à une vérification de plus de 600 annonces de voitures d’occasion dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec, placées par des commerçants des régions de Montréal et Québec. Le taux de conformité aux nouveaux articles de loi était supérieur à 85% – en grande partie en raison de l’appui des associations de commerçants.
Toronto
Cette année, les résultats pour Toronto sont généralement décevants. Avec seulement 5 des 19 commerçants visités ayant réussi le test, il s’agit des pires résultats parmi les trois villes. Les contraventions aux règles relatives à la publicité étaient si nombreuses – et flagrantes – que certains commerçants avaient déjà échoué avant même que les clients anonymes de l’APA ne les visitent. L’Ontario a les critères les plus détaillés au Canada pour régir les pratiques en matière de publicité, mais les résultats sont néanmoins déplorables. Le Ministère des Transports de l’Ontario semble absent lorsqu’il est question de juger si des véhicules ayant été déclaré perte totale sont assez sécuritaires pour reprendre la route: de mauvais commerçants, ainsi que les mauvais mécaniciens qui certifient que des mauvais véhicules sont en de circuler, semblent poursuivre leurs activités sans difficulté.
Vancouver
À Vancouver, 9 des 19 commerçants visités ont passé le test. Il s’agit d’une amélioration comparativement à une enquête antérieure de l’APA, lors de laquelle 70% des commerçants de Vancouver avaient échoué. Dans les années passées, l’APA a identifié plusieurs véhicules à Vancouver dont les odomètres avaient été trafiqués; cette année, il n’y en avait aucun. «Cela ne signifie pas que personne ne vend des voitures avec des odomètres trafiqués», affirme le président de l’APA, George Iny, « mais ils sont plus prudents ». L’APA croit que la plus grande qualité de l’information disponible en ligne sur des bases de données provinciales et privées relatives aux voitures d’occasion a rendu les commerçants plus vigilants et a amélioré la véracité de leurs représentations. Cette année, l’APA a constaté que les commerçants respectent davantage la formation et semblent plus conscients de la surveillance du Conseil des marchands de véhicules automobiles de la Colombie-Britannique (BC Motor Dealer Council). Le Conseil est un organisme relativement récent, qui a pris en main une tâche colossale en remplaçant l’ancien Registraire des Véhicules Automobiles de la Colombie-Britannique dans son mandat de surveillance des commerçants de véhicules.
Deux commerçants indépendants visités par l’APA se sont distingués. Chez Daytona Auto Brokers, 1342 S.W. Marine Drive, le vendeur Bill Gill a fourni de la documentation complète aux clients anonymes de l’APA, incluant les réparations faites par le commerce, une évaluation du véhicule par un tiers, ainsi que l’historique des réclamations de la ICBC (Insurance Corporation of British-Columbia) et la provenance du véhicule. Chez Prime Auto, 240 12th Street à New Westminster, les véhicules en vente semblaient être en très bon état, et le vendeur Zoran Unkovic a fourni des informations exactes au sujet d’une collision antérieure (qui était mineure). Les deux commerçants ne facturent aucuns frais additionnels qui ne seraient pas mentionnés dans leurs publicités ou encore cachés dans des caractères illisibles.
Les échecs sont dus à plusieurs facteurs
Véhicules accidentés
À Vancouver, et à une moins grande échelle à Toronto, les commerçants ont fait de fausses représentations, en décrivant les dommages dus à des collisions antérieures comme «cosmétiques» ou simplement en ne les mentionnant pas. Chez Global Auto Sells à Westminster en Colombie-Britannique, le vendeur a décrit les dommages à une Toyota Corolla comme étant «seulement un petit accrochage sur la portière arrière». Les experts de l’APA ont découvert que tout l’arrière du véhicule à partir des portières provenaient en fait d’un autre véhicule – c’est à dire que la voiture était en fait deux moitiés de voitures différentes, soudées ensembles! Le Président de l’APA, George Iny, dit que même s’il est bien soudé, ce type de véhicule est pratiquement impossible à revendre pour le consommateur.
Quelques commerçants de la région de Vancouver semblent être des spécialistes de la reconstruction de pertes totales, achetées de l’assureur d’état provincial, la ICBC, pour ensuite faire de fausses représentations relatives aux réparations effectuées et demander des prix beaucoup trop élevés pour ces véhicules. Plusieurs de ces véhicules semblaient provenir d’encans de la ICBC, spécialisés dans la vente de véhicules déclarés perte totale. Chez Super Choice Auto, 1205 Kingsway Avenue, les trois véhicules annoncés comme «non-accidentés» avaient subi des dommages importants lors de collisions antérieures – incluant des dommages aux structures de deux véhicules Honda. La réponse de Super Choice? Le publicitaire, «Auto Mart», avait fait des erreurs en recopiant l’annonce. Un consommateur ordinaire n’aurait aucune chance contre le tissus de mensonge caractéristique de certains commerçants qui vendent des véhicules perte totale, et des importations en provenance d’États américains qui ont des systèmes d’immatriculation déficients. Il aura fallu les caméras de W-FIVE, et l’aide d’un expert travaillant avec l’APA pour venir à bout de certaines des transformations les plus sophistiquées.
Annonces trompeuses
Les représentations dans les publicités relatives à l’état du véhicule, par exemple l’usage des termes «non-accidenté» et «d’origine», ne correspondent souvent pas à l’état réel du véhicule.
Les publicités à Vancouver et Toronto omettent de mentionner le montant des frais facturés pour des «suppléments» qui devraient être compris dans le prix du véhicule, pour des services tels que remplir le contrat ou inspecter et réparer le véhicule à vendre. Ces frais étaient parfois substantiels, plus de 500$ en frais pour des items en petits caractères ou absents des annonces. Les frais supplémentaires les plus élevés étaient de 1 048$ chez Encan Direct H. Grégoire à Montréal (qui a depuis abandonné la plupart de ces frais). Les commerçants de Toronto étaient les plus enclins à facturer des suppléments, incluant quelques commerçants qui prélèvent des frais exigibles pour un Département des transports fictif (appelés «DOT fees»). Parmi les commerçants qui ont ajouté les sommes les plus importantes pour les frais supplémentaires, il y a Car Sense Auto, au 3925 Keele Street, qui a augmenté le prix annoncé de 1 020$ en suppléments, et Toronto Auto Group au 2380 Lawrence Avenue East, qui a ajouté 979$ au prix de la voiture. Selon George Iny, les montants élevés de ces frais supplémentaires rendent la comparaison des prix annoncés difficile. Pour deux commerçants qui annoncent des minifourgonnettes similaires pour 8000$, il pourrait en réalité y avoir une différence de prix allant jusqu’à 1000$, à cause de ces frais additionnels.
Des garanties qui ont peu de valeur
La plupart des commerçants à Toronto et Vancouver qui proposaient des garanties additionnelles de compagnies de garantie indépendantes ont fait de fausses représentations relatives au niveau de protection offert, ou ont omis de mentionner les exclusions de la couverture. Pour le commerçant, la garantie est un argument de vente. Les commerçants prétendent parfois que les véhicules garantis ont subi une inspection rigoureuse par la compagnie de garantie, alors que c’est rarement le cas, parce que les commerçants inspectent eux-même les véhicules. Comment se fait-il que les compagnies de garantie tolèrent cette pratique? Parce que plusieurs d’entre elles ont une entente secrète avec les commerçants, selon laquelle elles ne paieront pas pour les réparations nécessaires dans les premiers 14 ou 30 jours suivant la livraison du véhicule au consommateur.
Voici des questions importantes à poser avant de vous fier à des affirmations relatives à une garantie :
- Combien puis-je réclamer par réparation? Une garantie sur le moteur et le groupe motopropulseur offrant une protection inférieure à 2000$ par réclamation est risquée. Une seule réparation au moteur peut excéder cette limite. Plusieurs commerçants vendent des garanties de base qui ne vont que jusqu’à 600$ ou 1000$. Les meilleures garanties sont celles du manufacturier. Il n’y a habituellement pas de limite au montant des réclamations, ou encore les réparations sont couvertes jusqu’à concurrence de la valeur du véhicule.
- Qu’est-ce qui est inclus dans la garantie? Les garanties de base pour le moteur et le groupe motopropulseur excluent souvent les dommages dus à des fuites du moteur (couverture sur les joints d’étanchéité), qui peuvent être très coûteux à réparer et sont très fréquents sur les moteurs V6 de General Motors. Une meilleure solution est une garantie sur les « composants principaux», qui est plus complète qu’une simple garantie sur le groupe motopropulseur.
- Puis-je avoir une copie du contrat de garantie pour en prendre connaissance avant d’en faire l’achat? La plupart des commerçants ne fournissent qu’une brochure, qui est peu éloquente en ce qui a trait aux limitations et exclusions de la garantie.
- Puis-je voir une liste de prix officielle pour la garantie? Certains commerçants augmenteront le prix d’une garantie qui leur coûte moins de 250$ à 750$ ou plus. Protégez-vous des pire cas d’augmentation de prix en consultant la liste de prix de la compagnie de garantie. Les fabricants qui publient une liste du prix de leurs garanties considèrent qu’un profit d’environ 30% est juste. La plupart des commerçants indépendants cherchent à faire un profit d’environ 50% sur les garanties additionnelles qu’ils vendent, mais l’APA a déjà vu des marges de profit allant jusqu’à 300%.
En Ontario la situation est encore pire. Les compagnies de garantie opèrent presque sans surveillance. Les commerçants offrent en toute connaissance de cause des protections « Autogard Warranty » sur des citrons potentiels ( par exemple une protection de 3 ans ou 60 000 km sur une voiture fatiguée, ayant 8 ans d’usure), sans vous mentionner que la limite de réclamation est un maigre 600$ ou 1000$. Ce n’est pas assez pour couvrir même une seule réparation majeure au moteur ou au groupe motopropulseur. Pire encore, certaines compagnies de garantie qui font affaire dans la région de Toronto exigent une contribution du garage qui procède à la réparation de votre véhicule, ou demandent au garage d’absorber leur contribution maximale de 600$. On vous présente alors une facture qui indique un montant à payer ayant été réduit de 600$, mais la compagnie de garantie n’a jamais déboursé quoi que ce soit.
L’APA a rencontré plusieurs compagnies de garantie crédibles au fil des ans, parmi lesquels Garantie Nationale, Coast to Coast, Lubrico, et Lion’s Gate en Colombie-Britannique. Même parmi les compagnies de garantie indépendantes les plus professionnelles, la plupart proposent des protections de base qui ont très peu de valeur; vous devez donc poser les questions énoncées précédemment pour savoir exactement ce que vous achetez.
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